mardi 11 décembre 2012

Démon intérieur

Morgane Kingsley

Démon Intérieur

Editions Milady, 352 pages, traduction de A. Tronchet, illustration de G. Mollica


Démon intérieur, Devil inside, est un roman de Jenna Black et le premier livre d'une série de cinq tomes. Paru en 2007 au Etats-Unis, il a été édité en France par Milady au format poche en 2009. Plusieurs avis divergent sur l'auteur, certains s'accordent à dire qu'elle fait de la bit-lit (littéralement, littérature de mordu) tandis que d'autre préfère le terme plus prudent de fantasy urbaine.

Morgane Kingsley est une exorciste. C'est sa vocation depuis toujours. Elle méprise les démons et se fait un plaisir de les exorciser quand ils enfreignent la loi ou quand ils prennent possession des humains de manière illégale. Car Morgane vit dans une société qui a acceptée et accueillie les démons puisque les humains se portent volontaires pour que les démons habitent leur corps, effaçant leur personnalité propre. Qu'elle n'est donc pas son horreur quand elle découvre des mots qu'elle se serait écrit dans son sommeil lui indiquant qu'elle est possédée par un démon ! Une découverte qui vire au cauchemar.
Prix: 7,10 €
Marion

L'avis de Marion : Le roman a quelques points positifs qui égalent ceux négatifs, ce qui n'en fait pas le livre du siècle même si toutefois il reste correct.
L'histoire est l'un de ses quelques points intéressants. Les démons, voilà l'une des rares perspectives non explorées dans tous ses romans de bit-lit qui ne cessent de paraître de nos jours. Je découvre donc un nouvel univers qui, à l'image de la société, n'est pas tout rose mais pas non plus tout noir. Les démons font penser aux vampires de La Communauté du Sud de Charlaine Harris, ils s'intègrent et essayent de se mettre sur un pied d'égalité niveau juridique avec les humains tout en leur rappelant bien leur supériorité et bien sûr sans rien leur révéler des quelques secrets indispensables sur leurs conditions. Toutefois, la relation hôte/démon et l'évolution dans un complot, qui dépassent les sphères humaines, sont efficaces et rendent l'histoire accrochante.
Fort heureusement puisque le style d'écriture en revanche n'est pas au rendez-vous. C'est simpliste et vulgaire. Morgane, l'héroïne, ne cesse de jurer et les passages érotiques deviennent malsains par ce langage fleuri ajouté aux tendances sado-maso de certains personnages.
D'ailleurs, si les démons sont intéressants par leurs fonctionnement différents et leur ressenti particuliers, l'héroïne, elle, est déroutante. Morgane a un côté bravache et provocateur mais aussi terriblement humain avec la peur et la bêtise. Mais le point le plus déroutant est la provocation. Le personnage, qui nous raconte l'histoire à la première personne, se décrit elle-même comme un personnage provocant qui ose le pantalon en cuir moulant et les petits hauts révélateurs et qui est une dur à cuire ne peut pas en revanche faire face à quelques petites allusions sexuelles, pas très convaincant tout ça. D'ailleurs, Morgane ne cesse de se répéter son amour pour son petit ami Brian mais cela ne l'empêche pas de s'exciter toute seule sur d'autres hommes, qui plus est des démons qu'elle déteste en théorie. Certes, tout ceci est naturel et ne se contrôle pas mais il faut pas pousser non plus, le personnage n'a plus aucune cohérence.
Brian est quant à lui un personnage mièvre et sans intérêt disons le franchement. Il représente l'archétype même du petit ami parfait et qui pardonne tout à sa petite amie extravagante. Aucun intérêt dans ce livre pour ma part, je le vois juste comme une bonne poire.
Enfin viennent les vrais intérêts du livre : Lugh, Adam et Andrew. Les trois démons principaux du roman qui donnent l'envie de poursuivre notre lecture. Tous les trois ont une personnalité complexe, du fait de leur nature, et donne un peu de relief à ce livre parfois plat. Difficile d'en dire plus sans révéler intrigue et complot qui tournent autour de ces trois-là, néanmoins le premier diffère de tous les standards tandis que le second confirme les pires clichés de l'être démoniaque alors que le dernier est vraisemblablement hors catégorie.
Ma conclusion donc : ce n'est pas le livre du siècle mais qui vous fera tout de même bien passer le temps. À lire si on a rien sous la main ou envie d'une lecture sans prise de tête et très décontractée.

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